« Brownface », angles morts et l’amélioration au niveau du racisme au Canada

« Brownface » et d’autres formes d’appropriation culturelle sont racistes, fausses et totalement inappropriées. Ils étaient racistes il y a 20 ans, il y a 150 ans et ils le sont toujours aujourd’hui. Point.

Il y a toujours beaucoup d’ignorance concernant les appropriations culturelles, qui ont une longue et pénible histoire de perpétuation des stéréotypes qui sont inexacts et qui nuisent profondément aux personnes qu’ils représentent. Le fait que nous ayons cette conversation dans la sphère publique est un signe que nous avons fait des progrès, mais que nous avons encore un très long chemin à parcourir. Trop de Canadiens vivent quotidiennement avec le racisme et la discrimination. Ceci est totalement inacceptable et quelque chose sur lequel nous devons prendre des mesures collectives sérieuses en tant que Canadiens.

Les images passées qui ont récemment été révélées du le premier ministre Trudeau, que ce soit avec un visage brun ou un visage noir, démontrent un comportement totalement inapproprié et profondément blessant pour les communautés racialisées. Il est essentiel que cet incident engendre à un débat plus large sur le racisme structurel et systémique qui continue d’exister au Canada aujourd’hui et sur la manière dont nous prendrons des mesures concrètes pour aller de l’avant. Le racisme systémique se manifeste sous la forme de disparités dans les niveaux de revenus et d’éducation ainsi qu’au niveau de la santé et de conditions de vie des différents groupes. Il existe des formes ouvertes de racisme telles que l’appropriation culturelle, mais les formes les plus insidieuses et les plus nuisibles sont parfois moins évidentes mais néanmoins oppressives.

Lors d’une conférence de presse tenue le 19 septembre, le Premier ministre a déclaré: « J’ai toujours reconnu que je venais d’un lieu privilégié, mais je dois maintenant reconnaître que cela vient avec une énorme tache aveugle ». Espérons que cet incident suscite une réflexion sérieuse et une reconnaissance de la part des Canadiens que nous avons tous des angles morts et que nos angles morts peuvent être dangereux et blessants pour les autres, quels que soient nos antécédents ou nos meilleures intentions.

Arrêtons-nous un instant et reconnaissons que les systèmes et les institutions à travers le Canada ont été construits par des personnes qui, dans la plupart des cas, sont issues de privilèges. Si nous pouvons reconnaître que ce privilège crée des taches aveugles, nous devons également reconnaître que nos systèmes ont également des angles morts.

Elizabeth Warren, sénatrice américaine et candidate à la direction du parti démocrate, aurait déclaré: « Si vous n’avez pas de place à la table, vous êtes probablement au menu. » Les Canadiens autochtones, noirs et racialisés doivent être à la table et présentés plus d’opportunités de nous aider à identifier et comprendre les angles morts structurels et systémiques qui retiennent tant de Canadiens. Nous ne pouvons pas faire de réels progrès sur ces questions si les personnes qui vivent ces réalités ne sont pas impliquées dans les conversations.

Le gouvernement du Nouveau-Brunswick a récemment lancé un plan ambitieux de croissance démographique pour accueillir jusqu’à 7 500 nouveaux arrivants chaque année, d’ici 2024. Ce nouveau plan bénéficie d’un large soutien du secteur privé, de groupes industriels, d’universitaires et de gouvernements municipaux. Nous devons commencer à avoir des discussions sérieuses au Nouveau-Brunswick sur la manière dont nos institutions, nos postes élus et les autres tables de décision peuvent mieux inclure et prendre en considération les perspectives des communautés racialisées. Si notre objectif est d’accueillir plus de gens de diverses origines pour nous aider à développer notre province, nous devons redoubler nos efforts pour que toutes les communautés racialisées vivant ici aujourd’hui, et celles à venir, se voient mieux représentées dans tous les aspects de la société au N.-B.

Debbie Douglas, directrice générale  du Conseil des associations de services aux immigrants de l’Ontario (OCASI), a tweeté ce qui suit le 19 septembre:

« Il est temps de mettre en œuvre un solide plan d’action national de lutte contre le racisme. Le sensationnalisme « gotcha » des médias et des partis politiques ne fait pas avancer les questions de racisme anti-noir, de souveraineté autochtone, de racisme et de xénophobie.  »

À notre avis, Douglas touche le nœud du problème. Cette élection est une occasion d’entendre toutes les parties sur les mesures qu’elles vont prendre pour améliorer la qualité de vie de tous les Canadiens. Un élément clé de ceci est la façon dont nous promouvons et incluons la voix des Canadiens racialisés afin d’éliminer le racisme sous toutes ses formes.