Favoriser l’inclusion est l’Affaire de Tous

immigrationmattersinclusiveness

Dans son ouvrage peu connu, intitulé « La naissance d’une province », qui célèbre le bicentenaire du Nouveau-Brunswick en 1984, C. Alexander Pincombe écrit : « Les vagues d’immigration, en particulier la “famine irlandaise”, associées à la renaissance acadienne, ont eu un effet profond sur notre développement socio-économique, culturel et politique. Aujourd’hui, la diversité ethnique et les aspirations multiculturelles du Nouveau-Brunswick sont très éloignées du rêve loyaliste. Nous pouvons résumer les choses simplement : “une stratégie démocratique était nécessaire au peuplement efficace de la province”. »

Que ce soit pour fuir l’oppression et les conflits ou rechercher une vie meilleure, les populations se déplacent à travers le monde depuis des milliers d’années.  C’est précisément le cas au Nouveau-Brunswick où les nouveaux arrivants ont joué et continuent de jouer un rôle essentiel pour façonner notre province.  Aujourd’hui cependant, le débat semble avant tout porter sur nos problèmes démographiques et économiques, minimisant l’aspect humanitaire pour lequel le Canada ainsi que ses provinces et territoires sont réputés.   Alors que les opinions sur l’immigration et la diversité prennent une tournure de plus en plus émotive, il faut recentrer les discussions sur des faits et des arguments rationnels, à l’appui de l’inclusion.

Malgré les difficultés des premiers temps, l’immigration a toujours été la pierre angulaire de la politique de croissance du Canada.  Dans les années soixante-dix, le gouvernement fédéral a délibérément mis de l’avant la notion de « mosaïque culturelle » en valorisant la diversité au sein de la société.  Le Canada reste ainsi l’un des pays les plus tolérants et les plus accueillants au monde, ce qu’illustrent parfaitement, au Nouveau-Brunswick, les nombreux individus et groupes, comme les municipalités, les églises, les organismes gouvernementaux et les associations de bénévoles qui travaillent sans relâche pour aider les familles syriennes à retrouver une certaine stabilité en leur fournissant des hébergements et des possibilités d’emploi, ainsi qu’en veillant à leur bien-être.  Bien que ces efforts n’aient pas tous mené à des établissements permanents, comme nous l’avons vu, ils doivent cependant servir de rappel pour continuer à trouver de nouvelles façons d’améliorer les taux de rétention.

Dans un article scientifique publié en 1986 dans le Journal of Community Psychology, David W. McMillan et David M. Chavis expliquent le fonctionnement des collectivités et présentent les caractéristiques nécessaires au développement d’un sentiment d’appartenance durable.   Ils décrivent les quatre facteurs devant être présents, c’est-à-dire l’appartenance (créer un sentiment d’appartenance), l’influence (sentiment de réciprocité), l’intégration et la satisfaction des besoins (événements qui lient les gens les uns aux autres) et le partage de liens émotionnels (avec l’histoire de la communauté).  Concrètement, nous ressentons un sentiment d’appartenance à une communauté grâce aux liens et aux relations que nous y développons.

Nous avons tous un rôle à jouer pour rendre nos collectivités plus inclusives en reconnaissant les changements sociaux en cours.  L’inclusion permet à tous de participer à la vie sociale, économique, culturelle et politique sur la base de l’égalité des droits, l’équité et la dignité.  Dans la poursuite de cet idéal, le Nouveau-Brunswick est l’une des premières provinces du pays à avoir adopté une loi sur les droits de la personne.  Depuis 1967, la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick se charge de l’administration de la Loi sur les droits de la personne, et l’une de ses principales missions est de transmettre le principe selon lequel tous les individus sont libres et égaux avec dignité et respect.  Au fil des années, le champ d’application de la Loi sur les droits de la personne a évolué en fonction des  changements dans les attitudes du public et a été élargi afin de mieux protéger les personnes les plus vulnérables, à savoir les femmes, les personnes handicapées et les groupes minoritaires.

L’année prochaine, la Commission des droits de la personne fêtera son 50e anniversaire. Nous invitons donc tous les Néo-Brunswickois et Néo-Brunswickoises à célébrer la contribution fondamentale des droits de la personne à la prospérité et à l’équité dans notre province.  Comme C. Alexander Pincombe le dit si éloquemment : « Tous les Néo-Brunswickois, des premières Nations aux immigrants les plus récents, peuvent jouir du droit de participer au bicentenaire. Ils peuvent être fiers des réalisations de tous ceux qui sont venus ici dans le passé et affronter l’avenir avec foi et confiance. »

Marc-Alain Mallet est le directeur de la Commission des droits de la personne du Nouveau-Brunswick.