Immigration : Bonne pour l’économie et une foule d’autres choses

Récemment, Mike Timani, président du Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick, a rédigé un commentaire et partagé une statistique qui semble petite, mais qui n’en reste pas moins incroyablement importante pour l’avenir de notre province.

Selon les prévisions des économistes, le Nouveau-Brunswick a besoin que sa population croisse d’au moins 1 % par année, ce qui représente environ 7 500 personnes. Un afflux de population est nécessaire pour maintenir l’assiette fiscale actuelle, qui nous permet de nous offrir les soins de santé, le réseau d’éducation et l’infrastructure qui nous tiennent à cœur et qui font partie de notre mode de vie.

Le Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick convient du fait que nous devons faire de l’attraction et de la rétention des nouveaux arrivants au Nouveau-Brunswick la pierre angulaire de notre stratégie de croissance économique si nos communautés et nos entreprises veulent pouvoir croître et s’épanouir dans un marché mondial. Francis McGuire, coprésident du Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick et ancien PDG de Major Drilling, a déclaré ceci : « Nos membres veulent qu’une grande diversité de candidats cogne à la porte de leurs organisations; ils doivent pouvoir compter sur les meilleurs d’ici et d’ailleurs. Des bagages différents permettent de prendre les décisions optimales. Nous voulons pouvoir compter sur un bassin de main-d’œuvre diversifié au Canada atlantique. »

Il arrive souvent que des gens estiment que les nouveaux arrivants puissent voler des emplois aux Canadiens de longue date. Cependant, les données brossent un tableau bien différent.   Il est clair qu’au Canada et dans bien d’autres pays du monde, les nouveaux arrivants créent des entreprises qui ont à leur tour besoin de main-d’œuvre, ce qui enrichit le marché de l’emploi pour les résidents. En mars de cette année, Statistique Canada a publié des données qui montrent clairement que les immigrants ont davantage la fibre entrepreneuriale que les Canadiens de souche. Sur le long terme, 5,8 % des déclarants immigrants sont des propriétaires de société, contre 4,8 % de ceux qui sont nés au Canada. Au premier abord, il peut sembler qu’un point de pourcentage est une faible différence, mais on estime qu’il y avait 6 775 800 immigrants au Canada en 2011. Un simple calcul permet de déterminer que cette différence de 1 % représente 67 758 immigrants entrepreneurs, innovateurs et créateurs d’emploi. Il nous en faut plus!

Vala Afshar de SalesForce a récemment partagé une intéressante liste d’entreprises du secteur de la technologie qui ont été fondées par des immigrants de première ou de deuxième génération aux États-Unis : Apple, Google, Facebook, Amazon, IBM, Yahoo, Uber, Tesla, Oracle… Pensez à l’envergure de ces entreprises, aux emplois qu’elles ont créés à l’échelle internationale et, surtout, à la façon dont ces entreprises innovatrices modifient notre vie de tous les jours. La diversité est mère de créativité, d’énergie et d’apprentissage. Nous avons tout à gagner si nous pouvons faire preuve d’ouverture. Nous avons une abondance de possibilités et d’espaces naturels à partager. Nous n’avons pas à avoir peur et à faire comme si notre pays avait des ressources limitées.

La semaine dernière encore, le Guardian a publié les résultats d’une étude menée récemment par un boursier de la London School of Economics et ancien conseiller du président de la Commission européenne, Philippe Legrain. L’étude a révélé que les réfugiés rembourseront les dépenses engagées par l’Union européenne presque deux fois en aussi peu que cinq ans par l’entremise de la création d’emplois et d’une consommation de biens et services accrue et en comblant les écarts sur le marché du travail. Le constat est également valable pour le Nouveau-Brunswick.   À cause de notre population en déclin, la demande de biens et services pique du nez et le bassin de main-d’œuvre à la disposition de nos entreprises pour assurer leur croissance rétrécit.

Il est important que les Néo-Brunswickois comprennent qu’il existe beaucoup d’entreprises du Nouveau-Brusnwick qui ont dû étendre leurs activités à l’extérieur de la province en raison de la faible disponibilité de main-d’œuvre locale. Si vous leur posiez la question, ces entreprises vous répondraient d’emblée qu’elles sont profondément enracinées au Nouveau-Brunswick et que ce n’est qu’en dernier recours qu’elles ont étendu leurs activités à l’extérieur de la province. Quand des entreprises ayant vu le jour au Nouveau-Brunswick quittent notre province, il y a un risque que d’autres emplois, y compris des postes de direction et d’administration clé, soient transférés, ce qui donne à une perte d’emplois nette pour nous tous. Donc, quand nous aidons les nouveaux arrivants, nous nous aidons par le fait même.

Les Néo-Brunswickois ont accompli un excellent travail en accueillant près de 1 500 réfugiés syriens au cours des six derniers mois et en leur permettant de vivre parmi eux. Cela montre bien le genre de communauté que nous sommes. Maintenant, ces nouveaux résidents, qui sont désormais nos voisins, veulent renvoyer l’ascenseur. Nous avons tous à gagner à être des employeurs ouverts et soucieux de leurs employés.