Immigration et main-d’oeuvre: nous avons tous un rôle à jouer

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Comme représentant de la communauté d’affaires francophone, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) trouve la Stratégie de croissance pour l’Atlantique intéressante, surtout le fait que cette dernière vise à attirer et retenir une main-d’oeuvre qualifiée. Un projet pilote de trois ans sera lancé l’an prochain afin de faciliter l’arrivée de 2000 immigrants et leur famille au Canada atlantique. Pour les entreprises que nous représentons, c’est une bonne nouvelle; plusieurs d’entre elles ont un besoin urgent de main-d’oeuvre qualifiée pour atteindre leurs objectifs.

Bien que cette Stratégie comblera en partie les besoins en croissance démographique, nous croyons qu’il faut également voir à ce qu’elle réponde le mieux possible aux besoins particuliers de nos entreprises. Depuis mon arrivée en poste au CÉNB en mars, j’ai entamé une tournée provinciale pour visiter et rencontrer nos entrepreneurs-es de tous les coins de la province. En discutant avec eux, les défis d’accès à de la main-d’oeuvre qualifiée et de la rétention de cette même main-d’oeuvre font toujours surface. Le capital humain est tout aussi important que le capital physique ou financier pour assurer le succès de nos entreprises. La Stratégie d’attraction et de rétention de la main-d’oeuvre qualifiée s’avère donc être un complément intéressant aux présents efforts de nos entreprises quant à l’embauche de personnel.

À la lumière de ce qui précède, le CÉNB croit que l’immigration économique (essentiellement des travailleurs qualifiés) est une approche pertinente au défi de pénurie de main-d’oeuvre qualifiée. Trouver des salariés qui répondent aux besoins de nos entreprises est une démarche qui demande beaucoup de temps et d’efforts. Toute embauche de personnel est un processus qui s’avère parfois long et complexe. Après l’embauche, des efforts sont nécessaires afin d’assurer l’intégration du travailleur au sein de l’entreprise et ce, dans le but de le retenir à son au poste et ultimement, dans la communauté. Tout employeur qui souhaite embaucher de la main-d’oeuvre immigrante veut réussir cette démarche.

Selon des études réalisées dans la province auprès d’employeurs francophones, l’un des outils qui permettrait d’assurer le succès de l’embauche est la sensibilisation et la préparation du travailleur étranger à la culture et au travail au Canada et au Nouveau-Brunswick. Également, plus de sensibilisation serait avantageux pour nos employeurs afin qu’ils puissent se préparer à l’embauche de travailleurs étrangers. Il est aussi important de travailler en collaboration avec nos entreprises afin de développer un processus clair, net et simple d’accompagnement pour les employeurs qui va de l’affichage du poste à combler, à l’intégration du travailleur au sein de l’entreprise. À cela doivent s’ajouter de l’aide pratico-pratique, des conseils, des suivis et enfin, des outils accessibles à toutes les communautés pour que l’intégration et la rétention du nouvel arrivant (incluant sa famille) soient facilitées.

À cet égard, depuis près d’un an, le Réseau de développement économique et d’employabilité Nouveau-Brunswick (RDÉE NB), qui est la division du développement économique du CÉNB, travaille activement sur le terrain afin d’accompagner les employeurs qui souhaitent recruter une main-d’oeuvre qualifiée issue de l’immigration. À la suite de consultations avec les entrepreneurs-es, et afin de répondre aux besoins spécifiques des entreprises, le RDÉE NB a mis en place les services suivants: diffusion des offres d’emploi, ciblage et recrutement des candidats francophones ou bilingues, accompagnement personnalisé et conseils dans le processus de recrutement de sélection et d’embauche, suivi et soutien à l’entreprise et à l’employé-e afin d’assurer un meilleur succès d’intégration au sein de l’équipe. Je crois sincèrement que nous pouvons tous jouer un rôle dans les différentes étapes du continuum de l’immigration.

Enfin, le CÉNB et le RDÉE NB sont composés d’équipes diversifiées dont les employé-es proviennent de toutes les régions de la province et du monde. Ce sont des équipes riches en compétences, en savoir et qui apportent des visions et des pratiques professionnelles variées. Je suis fier de voir que cette diversité suscite un fort engagement chez les employé-es, de nouvelles idées, un excellent service à la clientèle, et une représentation rapide et efficace de nos entreprises sur les tribunes publiques; en somme, une panoplie de compétences ayant le potentiel de contribuer au développement économique de nos entreprises et surtout, de notre province.

Thomas Raffy, président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick