L’Immigration ça compte

@DanielStLouis.Com

Au Nouveau-Brunswick, l’horizon s’éclaircit… grâce à l’immigration. Les économistes, les universitaires et les représentants de la société civile reconnaissent tous l’importance de l’immigration. Les Néo-Brunswickois sont-ils cependant prêts à parler de l’immigration comme étant l’un des investissements les plus importants que la province puisse faire pour son avenir?

Au cours des quatre derniers mois, les médias ont beaucoup parlé de l’accueil que les Canadiens et les Néo-Brunswickois ont réservé aux réfugiés syriens. C’est notamment grâce à cette couverture médiatique qu’une discussion des plus nécessaires a été relancée sur le rôle de l’immigration dans la reconstruction de notre province; cependant, nous ne faisons que commencer à effleurer la question.

Le Nouveau-Brunswick s’attend à accueillir en 2016 quelque 1 500 réfugiés parrainés par le gouvernement. Si nous ajoutons à ces réfugiés le nombre prévu d’immigrants économiques (travailleurs qualifiés et entrepreneurs) qui viennent chaque année, il est alors possible d’obtenir 4 500 nouveaux résidents permanents au Nouveau-Brunswick en 2016. Il s’agit d’un très bon début, mais nous devons maintenir la dynamique en investissant davantage pour attirer et retenir de nouveaux arrivants.

Afin de mieux comprendre la gravité de la situation, jetons un coup d’œil à la croissance du marché du travail de la province depuis 1976. De 1976 à 1990, 5 850 personnes ont intégré le marché du travail du Nouveau-Brunswick. Cette augmentation n’était plus que de 2 933 personnes de 1991 à 2008, et le marché du travail du Nouveau-Brunswick a perdu 217 personnes de 2009 à 2014. Qui plus est, le ministère provincial de l’Éducation postsecondaire, de la Formation et du Travail prévoit la sortie de quelque 110 000 personnes du marché du travail de la province au cours des dix prochaines années. Selon les mêmes prévisions, ces départs à la retraite massifs entraîneront un déficit d’environ 40 000 travailleurs. Heureusement, il existe des solutions; et l’immigration peut nous permettre d’amortir le choc d’une population en déclin et de l’augmentation des départs à la retraite.

Afin d’attirer de nouvelles entreprises au Nouveau-Brunswick, il faut une main-d’œuvre suffisante. Si les entreprises ne trouvent pas ici suffisamment de travailleurs, elles hésiteront alors à faire le pas. En outre, sans une main-d’œuvre suffisante, les entreprises actuellement implantées au Nouveau-Brunswick resteront confrontées à des difficultés pour rester viables.

Si la population de la province n’augmente pas, nous serons privés de nouveaux investissements commerciaux. De plus, le poids de la dette, qui ne cesse d’augmenter et qui est actuellement d’environ 13 milliards de dollars, pèsera sur les épaules d’un nombre de plus en plus restreint de personnes. Pourquoi ne pas accepter alors davantage d’immigrants qui souhaitent s’installer ici et qui peuvent nous aider à créer un avenir meilleur?
L’ancien premier ministre du Nouveau-Brunswick, Frank McKenna, a souligné dans un article d’opinion du Globe and Mail publié en janvier, que les premiers ministres de l’Atlantique « doivent faire de la croissance de la population leur priorité numéro un et coopérer pour redynamiser la démographie de la région ». Essayons d’imaginer ce que nous pourrions accomplir si nous décidions ensemble que la croissance de la population est notre priorité numéro un.

Richard Saillant, économiste de l’Université de Moncton et auteur du livre intitulé « Au bord du gouffre », explique que le Nouveau-Brunswick doit augmenter sa population de 1 % par an afin d’être en phase avec le reste du Canada. Il souligne que si nous y parvenons, nous pouvons éviter une catastrophe économique dans les années à venir.

Une croissance de 1 % correspond à environ 7 500 personnes par an. En ce qui concerne 2016 et ses quelque 4 500 nouveaux arrivants potentiels, nous nous rapprochons du but, mais nous en sommes encore trop éloignés. Nous devons donc fixer des objectifs ambitieux, p. ex. 10 000 nouvelles personnes chaque année, puis réunir tous les acteurs pour faire de cette vision une réalité. En définitive, nous devons faire de l’attraction et de la rétention des immigrants au Nouveau-Brunswick la pierre angulaire de notre stratégie de croissance économique.

Le Nouveau-Brunswick dispose actuellement d’une stratégie de croissance de la population, mais cette stratégie prendra fin en mars 2017. Nous avons par conséquent moins d’une année pour mobiliser les acteurs, réfléchir aux défis et aux opportunités ainsi que fixer des objectifs ambitieux pour la croissance de la population dans les années à venir. Nos villes, collectivités rurales, universités et collèges, entreprises et organismes d’aide aux immigrants doivent prendre part au débat. Nous devons nous unir afin de pouvoir élaborer un plan ambitieux de croissance de nos collectivités et de notre économie.

Au cours des prochains mois, vous pouvez vous attendre à d’autres articles sur le sujet afin de susciter le débat, puisqu’il s’agit du premier article d’une série que le Conseil multiculturel du Nouveau-Brunswick va consacrer à l’importance de l’immigration.